Inoculation
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Le mot inoculation (du latin inoculatio, par l'anglais inoculationcite-ref-1[1]) a d'abord désigné la variolisation, procédé de traitement de la variole apporté d'Istanbul en Angleterre, au début du XVIIIe sièclecite-ref-2[2] et qui consistait à protéger le sujet d'une forme grave de cette maladie en le mettant en contact avec de la substance prélevée sur les vésicules d'une personne faiblement atteinte.
En France, ce n'est qu'à partir du milieu du XVIIIe siècle que s'est diffusée la pratique de la variolisation. La Condamine s'est battu pour son introduction, donnant en 1754, 1758 et 1765 trois mémoires à l'Académie des sciences sur « l'inoculation de la petite vérolecite-ref-4[4]cite-ref-5[5]cite-ref-6[6] ».
Par une première extension de son sens, le mot s'est appliqué à toute introduction d'un agent infectieux dans un organisme, du fait de l'intervention humaine et dans un but thérapeutique. Ainsi on parle d'abord de l'« inoculation de la vaccinecite-ref-7[7] », ou vaccination, méthode également préventive et qui a succédé à la variolisation. Ainsi, plus tardivement, et pour prendre cette fois un exemple de type curatif, de l'« inoculation du paludismecite-ref-8[8] » dans le traitement de la syphilis par la malariathérapie.
Mais par la suite, le même mot en est venu à désigner l'introduction dans un organisme de tout agent pathogène, volontairement ou noncite-ref-9[9], et du fait ou non de l'intervention humaine. En effet, l'agent peut être un venin, une toxine ou un poisoncite-ref-10[10], inoculé par un animalcite-ref-11[11] aussi bien que par l'homme et, quand il l'est par l'homme, dans une tout autre intention que thérapeutiquecite-ref-12[12]cite-ref-13[13].
L'inoculation de micro-organismes favorisant la croissance des plantes se pratique également sur les végétaux, dont on essaie par exemple d'augmenter la capacité à fixer l'azote en leur inoculant des bactéries du genre Rhizobium (biofertilisation)cite-ref-14[14].
L’inoculation psychologique utilise un mécanisme similaire à la vaccination pour protéger les attitudes et les croyances existantes chez les individus.
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Notes et références
cite-note-22. ↑ blochwartburg1986Bloch et Wartburg, Dictionnaire étymologique de la langue française, PUF, mars 1986.
cite-note-31. Il s'agit bien ici de l'« inoculation de la vaccine », ou « vaccination ».
cite-note-66. ↑ 1702-1797« Suite de l'histoire de l'inoculation de la petite vérole de 1758 jusqu'en 1765 : Troisième mémoire, lu les 17, 21 et 24 novembre 1764, sauf les additions pour 1765 », Histoire de l'Académie royale des sciences, 1702-1797, p. 505-532 (ISSN 1967-4783), lire en ligne sur Gallica.
cite-note-99. ↑ L'inoculation peut se produire par accident lorsqu'un instrument médical, chirurgical ou de laboratoire est souillé, par insuffisance ou défaut de désinfection.
cite-note-1010. ↑ bernard1864claude-bernard1864Claude Bernard, « Études physiologiques sur quelques poisons américains », Revue des deux Mondes, vol. 53, 1864, p. 178 : « On inocula du curare à la jambe d’un âne, et il mourut en douze minutes. »
cite-note-1111. ↑ chippaux2002jean-philippe-chippaux2002Jean-Philippe Chippaux, « Les Envenimations ophidiennes en Guyane française », Médecine tropicale, vol. 62, no 2, 2002, p. 178 (lire en ligne, consulté le 23 novembre 2013) : « Certaines [couleuvres de Guyane] possèdent des dents […] susceptibles d’inoculer du venin ou de la salive toxique. »
cite-note-1212. ↑ g-r-2005fran-ois-g-r-2005François Géré, Vincent Bistoquet, « Repères sur l'attentat suicide forcé », Institut français d'analyse stratégique, 12 octobre 2005 (consulté le 23 novembre 2013) : « Il a ainsi été rapporté que certains kamikazes japonais se voyaient inoculer du poison avant de prendre les commandes de leur avion-suicide. »
cite-note-1313. ↑ rist2010gilbert-rist2010Gilbert Rist, « La « Science » économique comme religion », dans L’Économie ordinaire entre songes et mensonges, Presses de Sciences Po, 2010 (ISBN 978-2-7246-1156-4, résumé), p. 196, note 22 : « Pour prendre toute décision importante, les Azandé recouraient à toutes sortes de procédures « magiques », dont la plus connue consistait à inoculer du poison à un poulet en disant : « Si je peux faire cela [épouser telle femme, construire une case à tel endroit, etc.], que le poulet survive ; si cela m’est interdit, qu’il meure. »
cite-note-1414. ↑ hilalipr-vostbroughtonantoun2001abdelaly-hilalidanielle-pr-vostwilliam-j-broughtonhani-antoun2001Abdelaly Hilali, Danielle Prévost, William J. Broughton et Hani Antoun, « Effets de l’inoculation avec des souches de Rhizobium leguminosarum biovar trifolii sur la croissance du blé dans deux sols du Maroc », Canadian Journal of Microbiology, vol. 47, 2001, p. 590-593 (lire en ligne, consulté le 4 décembre 2013).
Liens externes
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